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EDITO
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« Sobriété et décroissance pour l’épanouissement de TOUS les Humains »,
tel sera le thème de la 25ème Foire bio de Rouffach. Voici quelques éléments qui serviront de point de départ aux échanges entre les conférenciers et les visiteurs. Perversion de la technologie et de l’activité économique. Les « outils » devraient soulager les hommes. L’économie devrait permettre les échanges de savoir-faire et de denrées pour que tous puissent satisfaire les besoins élémentaires et accéder à une vie culturelle. Des pesticides à l’énergie atomique et aux O.G.M., en passant par les téléphones portables et leurs antennes relais, toute une technologie ronge la santé des humains et de la planète. L’économie occidentale ne recherche pas l’épanouissement des populations et le respect de la nature, mais le pouvoir et le profit financier maximum. L’industrie pharmaceutique ne s’intéresse pas aux médicaments contre le paludisme (1ère cause de mortalité dans le monde), parce que cela « ne rapporte pas ». La faim dans le monde demeure non pas par manque de nourriture mais de « solvabilité ». L’Europe du colonialisme a affaibli et exploité les pays aujourd’hui non solvables. Plus récemment le FMI n’a pas aidé, mais « achevé » les économies locales partout où il impose les plans d’ajustement structurels. La soif de pouvoir et de profit s’appelait colonialisme, puis développement et mondialisation aujourd’hui. Le résultat est dramatique au plan humain et écologique. Situation humaine : état de pauvreté Nombre de personnes vivant avec : moins de 1 $ par jour : 1,2 milliard moins de 2 $ par jour : 2,8 milliards Nombre de personnes ne disposant pas : de l’eau potable : 1,1 milliards d’équipements sanitaires : 2,4milliards Nombre de personnes : souffrant de malnutrition : 900 millions analphabètes : 900 millions 514 000 femmes meurent par an au cours de leur grossesse ou de l’accouchement, soit une par minute. On ne peut plus dire comme on l’entendait souvent autrefois que la raison principale du maintien de la pauvreté est la croissance démographique car celle-ci s’est ralentie ou ralentit partout. Le revenu des 1% les plus riches = celui des 57 % les plus pauvres. La source de ces chiffres : Rapports du PNUD, 2002 et 2003. Situation environnementale : l’empreinte écologique « L’empreinte écologique » est une mesure de la pression qu’exerce l’homme sur la nature. C’est un outil qui évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d’absorption de déchets. Depuis 1960 l’empreinte écologique est passée au niveau mondial de 70 % de la planète à 120 % en 1999. L’humanité a donc, selon ce calcul, dépassé la capacité d’absorption de la planète. Sans oublier les énormes inégalités : un Américain du Nord a une empreinte de 9,6 hectares, soit 7 fois plus qu’un Africain ou un Asiatique. Selon cette analyse, il faudrait quatre à cinq planètes si toute la population mondiale consommait comme un habitant des Etats-Unis. Persistance de la pauvreté et dégradation écologique se renforcent mutuellement par la désertification, la dégradation des sols, le manque d’eau, la sécheresse et/ou les inondations. Les conséquences sur la production agricole sont dramatiques. Le « développement durable » : de la poudre aux yeux ! Face à ces constats, pour faire bonne figure sans rien changer sur le fond, l’économie capitaliste lance un nouveau concept, comme on lance de la poudre aux yeux : le développement durable. Le rapport Brundtland a proposé en 1987 la définition suivante : « Le développement soutenable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Mais en même temps il a accrédité l’idée qu’il serait possible de poursuivre sans fin la croissance économique et préserver les équilibres sociaux et naturels. Grâce au progrès technique, on pourrait produire toujours davantage avec moins de matières premières et d’énergie et aussi moins de pollution. Or, la baisse de l’intensité en ressources naturelles est indéniable, mais elle est malheureusement plus que compensée par l’augmentation générale de la production. Par réaction, face à cette supercherie, l’écologie radicale promeut la « décroissance ». L’extension et la généralisation du mode de vie gaspilleur et extravagant des populations les plus riches ne sont ni possibles, ni souhaitables. Il faut une décélération de la croissance au sein des pays riches pour ralentir le prélèvement que nous effectuons sur les ressources naturelles. Par contre une production utilitaire est souhaitable et légitime. Elle doit pouvoir satisfaire enfin les droits universels d’éducation, de santé et de logement chez les plus pauvres. L’objectif est bien de subordonner l’activité économique à des choix politiques concernant la société et l’écologie. Terminons par une image : La croissance et la multiplication infinies des cellules dans une partie de l’organisme humain s’appellent un cancer. Le dogme de croissance illimitée imposé à toute la planète est un double cancer. Il ronge et intoxique la Terre pour des générations. Il avilit et dénature l’humanisme et la solidarité tout en obscurcissant l’essence spirituelle de l’Homme. La croissance intérieure découlant d’une sobriété volontaire dépasse les frustrations matérielles. Toutefois, pour arrêter le train et faire changer de direction, les démarches individuelles ne suffiront pas. Il faut également œuvrer collectivement pour de nouvelles orientations politiques. Nous vous adressons nos salutations cordiales, Pour le comité d’organisation, Jean-Pierre Frick
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